ARGILE



De l'Argile, vous êtes nées,

Sculptures au long corps d'éphèbe,

Pétries aux vents des destinées,

Arrachées au berceau de glèbe...


Sous les doigts fermes d'un sculpteur,

Ce modeleur de vies terrestres,

Vous avez vu, de son labeur,

Surgir vos corps, naître vos gestes,


Et s'il a su donner contour,

Vous prêter l'apparence humaine,

Il vous a fait don de l'Amour

De par sa sueur et sa peine


En modelant si finement

Chaque muscle, chaque attitude,

Cette mèche au reflet d'argent

Cette hanche en sa plénitude,


L'espérance d'un jour nouveau

En l'expression du visage,

Ou désespoir en son fardeau

Avec ces larmes en sillage...


* * *


De l'Argile, vous êtes nées,

Sculptures au long corps d'éphèbe,

Pétries aux vents des destinées,

Arrachées au berceau de glèbe,


Et s'il vous manque un tant soi peu

Souffle de vie, en la matière,

Vous portez tout en vous le feu,

Et la beauté, et la lumière.


Tout comme des êtres vivants,

Vous rayonnez de par le monde,

Mais hors de l'espace et du temps

Hors d'atteinte aussi, de la tombe...


En ce musée, vous reflétez

L'ambre doré sur vos épaules,

Ayant pour vous l'éternité

Et la fragilité des saules.



© Kathy Ferré










Article ajouté le 2006-02-19 , consulté 91 fois

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